Au bonheur des Voiles

04/10/2017, Saint-Tropez (FRA,83), Les Voiles de Saint-Tropez 2017, jour 4

Si le résidu du coup de vent qui a secoué la flotte des Voiles hier après midi, faisait ce matin encore craindre une nouvelle journée sous haute tension, il n’en fut en définitive rien, Eole choisissant de s’apaiser dès la mi-journée, et la houle de s’aplatir pour favoriser le lancement sur tous les ronds concernés, Modernes, Classiques et Wally, de nouvelles joutes acharnées dans tous les groupes de l’épreuve. Les grands et racés Wally ont enchainé deux parcours de type bananes devant Pampelonne, tandis que Modernes et Classiques croisaient leurs routes en bordure d’un golfe ensoleillé comme au plus fort de l’été.

Le volet compétition des Voiles va demain et selon une tradition désormais bien établie, laisser place à cette journée aussi particulière que prisée des régatiers, la Journée des défis qui commémore l’esprit créateur de la Nioulargue, ancêtre des Voiles, née en 1981 avec cet historique duel amical entre Pride et Ikra. Celle de demain sera néanmoins placée sous le signe de la solidarité entre Saint-Tropez et Saint-Barth, liées de longue date, après le passage de l’ouragan Irma sous le slogan : tous marins, tous solidaires.

 

 

Où l’on reparle de Cannonball

Le tout nouveau Maxi 72 Cannonball, lancé au printemps dernier sur plan Botin, et déjà vainqueur à Palma, trouve ses marques à Saint-Tropez. Eliminé pour un départ anticipé hier, il a remis les chronos à l’heure aujourd’hui en s’imposant en temps compensé à l’issue du joli parcours de 25 milles dessiné entre Pampelone et le Portalet. Dans un vent de nord est allant mollissant, la belle « luge » de Dario Ferrari a fait merveille, terminant littéralement dans le tableau arrière de Rambler et ses 100 pieds de haute technologie. Si le Maxi My Song franchit en tête la ligne d’arrivée, il doit s’incliner après calcul de son handicap de jauge devant le Marten 72 Aragon et le VOR 70 Babsy de Franck Cammas et Lionel Péan, et tête au classement général provisoire (avant jury) à mi-parcours, devant My Song et Farfalla, le super yacht signé Mario Pedol.

 

Sovereign tire les marrons du feu

Nouvelle journée de régate très disputée chez les 12 m JI. Dans un vent plus en rapport avec ses affinités, c’est Sovereign, le plan Robertson de 1972 qui s’est joué du clapot et de ses adversaires pour remporter le parcours du jour, au terme de moult rebondissements et d’une navigation sans faille orchestrée par Nicolas Bérenger à la barre, et Nicolas Fauroux à la nav’. France (Mauric 1970) limite les dégâts en devançant Ikra pour une fois distancée sur la ligne. Une véritable remise à l’heure des pendules dans ce groupe qui compte aussi Il Moro di Venezia. La rivalité des 12 se poursuivra demain, jour des Défis, avec un passionnant challenge entre Ikra (Boyd 1964), France et Sovereign.

 

Mariska fait le job

En situation d’abandon hier dans le vent et la mer « casse bateau », Mariska se devait aujourd’hui de briller afin de remettre les compteurs à zéro dans cette formidable confrontation fraternelle entre les quatre plans Fife de la Classe des 15 m JI. Le Trophée Rolex était à ce prix et les hommes de Christian Niels se sont parfaitement accommodés de la tâche. Un bon départ, malgré le sévère marquage de Tuiga, un passage en tête à la bouée au vent vers les Issambres, et une descente toute en contrôle vers le Portalet ont assuré le succès du jour, et repositionné en tête du classement général provisoire le Fife millésimé 1908.

 

Les marins des Voiles solidaires de Saint-Barth!

Pour manifester le soutien des quelques 4 000 marins présents aux Voiles, ainsi que de toute la communauté des Voiles de Saint-Tropez, le président de la Société Nautique, André Beaufils, a décidé d’arborer demain jeudi sur le bateau comité une banderole bien visible de tous, proclamant la solidarité entre Saint-Tropez et Saint Barth, victime du cyclone Irma.

 

Demain, les Défis!

Le jeudi, et c’est de tradition, les Voiles de Saint-Tropez célébrent l’esprit créateur de la régate originale vers la Nioulargue entre Ikra et Pride. Les concurrents sont invités à se défier au gré de leurs affinités, en dehors de toute logique de jauge, pour le simple plaisir d’en découdre entre régatiers. A noter que les quatre 15 m JI engagés dans le Trophée Rolex disputeront une manche dans le golfe demain.

 

Club 55 Cup : sur la trace des pionniers

Au-delà des illustres trophées sportifs disputés pendant les Voiles, la Club 55 Cup a une place à part. Relancé en 2003, ce duel singulier au cœur de la semaine est plus qu’une commémoration. C’est un véritable hommage à l’esprit de la régate telle qu’elle était pratiquée au siècle dernier, quand, dans un simple élan de compétition amicale, deux capitaines se lançaient un défi pour l’amour du sport avec pour seul enjeu le plaisir d’opposer et de comparer sur l’eau les performances d’un yacht et de son équipage. Depuis sa renaissance, la Club 55 Cup n’a connu que 8 vainqueurs, Ikra (12 m JI) en 2003 et 2004, The Blue Peter (côtre bermudien 20m, Mylne 1930) en 2005 et 2006, Lucia (yawl Bermudien 19m, Alden 1940) en 2007 et 2008, Cambria (23mJI Bermudien 40m, Fife 1928) en 2009, Mariquita (19mJI Aurique 33m, Fife 1911) en 2010 et 2011, Altaïr (Goélette Aurique 40m, Fife 1931) en 2012, Moonbeam III (cotre Aurique 25m, Fife 1903) en 2014 (2013 n’ayant pas été courue pour cause d’intempéries), ainsi qu’en 2015, et enfin Eugenia V (Ketch Marconi 21m60) en 2016.

Son règlement est a priori parfaitement simple : deux bateaux se lancent un défi le jeudi sur un parcours de 15 milles nautique – Tour du Portalet, bouée de la Nioulargue, Le Club 55 –, celui qui termine devant l’autre l’emporte et lance un défi au bateau de son choix l’année d’après, et le tout se terminant par un incontournable déjeuner sous les tamaris du Club 55 pour les deux équipages. Déjà un peu enrichies depuis leur création – si un bateau l’emporte deux fois, c’est son dauphin qui devient le nouveau  »défendeur », quel que soit le résultat sur l’eau – les règles de cette compétition hautement honorifique ont encore dû évoluer.

On le voit, le règlement très strict de la Club 55 – qui prévoit une caution en bouteilles de rosé de la presqu’île en cas de réclamation – ne permet pas forcément de savoir qui en sera le tenant, ni l’aboutissement ! Seule obligation incontournable : le propriétaire du bateau doit être à bord en personne le jour de la redoutable épreuve. Demain, Eugenia V a choisi de défier Savannah, le sloop de 27,50 m signé signé Pedrick (1996).

 

Enterprise, un yawl signé Sparksman&Stephens

Très en vue au sein du groupe des voiliers d’Epoque Marconi, le yawl Enterprise a été lancé en 1939 aux Etats-Unis sous le nom de Clemencia, construit en chêne et acajou par Robert Jacob à New York. Renommé Adios après la guerre, il a rejoint la côte Pacifique à San Francisco, et a participé avec succès à la Transpac, San Francisco-HawaÏ. Cet élégant yawl de 19 mètres hors tout navigue désormais en Méditerranée, et ravit les amateurs du style épuré propre à Sparksman&Stephens.

Pour mémoire, le yawl (nom masculin) est un voilier à deux mâts dont l’artimon (mât arrière) est positionné en arrière de la mèche de safran. L’implantation du mât d’artimon, appelé tapecul, de plus petite taille que le mât principal, se situe à l’extrême arrière du pont, derrière l’axe de rotation du safran (partie mobile immergée à l’arrière du bateau servant à le diriger et fautivement appelée gouvernail).Le tape cul permet d’équilibrer les gréements, qu’ils soient auriques ou marconi.

 

En Bref

Fan zone demain jeudi.

La fête et le bonheur partagé pour tous – Tropéziens, participants, public – nécessitent de la part des organisateurs et des pouvoirs publics la prise en compte de tous les éléments de sécurité possibles. C’est dans ce cadre que la journées de jeudi 5 (défilé des équipages) et de samedi 7 octobre seront placés en configuration « fan zone », un dispositif maintenant bien connu de toutes les parties prenantes réduisant notamment l’accès aux véhicules sur le port et à proximité du village. Pour mémoire, les pics de fréquentation pendant les Voiles sont semblables aux jours de pointe de la saison estivale tels le 14 juillet ou le 15 aout, pouvant atteindre 50 à 80 000 personnes/jour.

 

 

Elemen’terre

Marie Tabarly est une fan des Voiles où elle navigue avec brio depuis des années, notamment à bord du joli 15 m Fife Mariska. Elle lance un projet original dédié à une meilleure connaissance du monde et de la planète, joliment appelé Elemen’Terre. « The Elemen’Terre Project est une série documentaire consacrée à la nature » explique t’elle. « L’objectif est de visiter le monde, découvrir la nature par le voyage en bateau, l’art et les sports pratiqués en milieu naturel mais aussi de permettre un voyage en introspection. Par le voyage et le sport on apprend à se dépasser, on cultive un état d’esprit, on construit un lien entre le corps et l’esprit. Le concept de The Elemen’Terre Project est de découvrir un endroit de la planète à chaque épisode au travers de deux personnalités.

Je réunis un artiste et un sportif pour avoir deux sensibilités différentes sur leur vision du monde. Nous partirons en bateaux pendant 2 semaines à la rencontre d’autres cultures, d’autres horizons. Nous observerons les animaux qui croiseront notre route et nous pourrons nous émerveiller dans les différents terrains de jeux que nous offre la nature pour exercer toute sorte de sports. »

www.elementerre.earth

 

Ils ont dit :

Lionel Péan ; Babsy

« Nous avons eu un peu moins de vent aujourd’hui, mollissant de surcroit. Notre VOR 70 était ainsi un peu moins à l’aise qu’hier. Nous avons pourtant très bien navigué, tant l’entente entre les équipiers de Franck Cammas et les habitués du bord est parfaite. Cannonball, le nouveau Mini Maxi s’est montré à son avantage, avec Rambler, Aragon et My Song… »

 

Nicolas Bérenger, Sovereign

« Une belle journée à notre actif, parfaitement maîtrisée. On parvient à glisser devant France juste avant l’arrivée, avec Il Moro qui s’intercale devant Ikra. Les jeux dans notre groupe sont relancées, pour le plus grand bonheur de tous… »

 

Profession : Mouilleurs

« C’est un métier ! » Tout organisateur de course vous le soutiendra, avec les trémolos d’un immense respect dans la voix. Les mouilleurs font partie des hommes et des femmes de l’ombre qui chaque année rendent possible l’organisation sur l’eau de l’exceptionnel événemnt que constituent les Voiles de Saint-Tropez. Les néophytes ne le soupçonnent peut être pas, mais dessiner un parcours sur un plan d’eau exige une expertise, et des qualités d’homme de mer hors du commun. Le mouilleur est l’homme responsable du positionnement, et de la bonne tenue des marques d’un parcours nautique. A Saint-Tropez, plus peut-être qu’en d’autres points de la planète nautisme, cette mission recèle d’innombrables difficultés, liées d’une part à la densité des flottes, et à la topographie marine du littoral Varois, qui accuse en certains endroits proches du rivage, des fonds à plus de 350 mètres. Le mouilleur doit, par quasiment tous les temps navigables, composer avec  ces paramètres, et envoyer par le fond les lests qui maintiendront en place les fameuses bouées de parcours. Déterminer l’emplacement au centième de degré près de ces marques de passage relève également de la gageure, quand Eole se fait taquin, et modifie de minute en minute sa force et surtout son angle, dérangeant l’axe de l’épreuve. Les marins définissent en effet leur course en fonction des points GPS de ces bouées, et la moindre variation a une influence directe sur l’équité sportive d’une épreuve. Avant d’être mouilleurs au sens strict du terme, ces hommes des coulisses doivent durant parfois des heures, échanger avec les Président des comités pour jouer avec le vent, dans l’attente d’une stabilisation des conditions propices à l’établissement d’un parcours définitif. Avec ses trois ronds de course, Modernes, Wally et Traditions, les Voiles de Saint-Tropez font appel à quatre mouilleurs, tous marins durs au mal, capable d’encaisser des heures durant vent ou absence de vent, comme les houles les plus creuses, pour garantir le plus grand plaisir des régatiers.

Les mouilleurs de Saint Tropez : Gilles Rosfelder – Jean Louis Vincent – Francis Giraudot – Christophe Fede.

 

Du côté des partenaires

Le Gitana Team à l’heure Tropézienne

Cette année encore, du 2 au 8 octobre, le Gitana Team prend la direction du Sud de la France avec le GC32 de l’écurie. Catamaran volant de 10 mètres équipé de foils en L et de plans porteurs sur les safrans, ce support mené par trois équipiers est idéal pour faire découvrir le vol en mer et offrir aux invités du Groupe des sensations fortes et inédites. A l’heure où des voiliers classiques légendaires et des unités modernes tout aussi emblématiques s’affrontent en baie de Pampelonne, la présence du GC 32 Edmond de Rothschild dans les eaux tropéziennes est également un clin d’oeil vers les objectifs et les ambitions qui animent actuellement Ariane et Benjamin de Rotshchild et leGitana Team. Lancé fin 2012, le GC 32 est un catamaran à foils de 32 pieds dessiné par Martin Fischer sur une idée de Laurent Lenne. Le but de cet ambitieux projet est de créer un nouveau circuit monotype de régate inshore de haut niveau sur des catas volants, la « Great Cup ».

Vincent Taupin, Président du Directoire d’Edmond de Rothschild (France) : « La voile est une tradition depuis 140 ans chez les Rothschild et c’est un thème de sponsoring naturel pour notre Groupe. Particulièrement aux Voiles de Saint-Tropez, l’événement qui a pris la suite de la Nioulargue, que le Baron Edmond de Rothschild gagnait en 1984 sur Gitana VIII. En 2000, son fils Benjamin de Rothschild a mué la passion familiale en école de l’excellence en créant le Gitana Team, une écurie de course comptant parmi les plus compétitives de la course au large française. A titre personnel, passionné de navigation, je suis très heureux que notre Groupe s’inscrive dans la tradition des régates à Saint-Tropez et relève, dans le même temps, le défi des courses au large en prenant le départ de la Transat Jacques Vabre le 5 novembre prochain avec le Maxi Edmond de Rothschild. En tant que président du Groupe en France, je m’associe à l’ensemble de nos collaborateurs pour soutenir avec fierté les marins qui portent nos couleurs

en perpétuant la saga familiale »

Aux Voiles de Saint-Tropez, le Trophée Edmond de Rothschild récompense le vainqueur dans la catégorie « voiliers modernes » – IRC C.

 

Groupe Danone

L’eau minérale naturelle evian® prend sa source au coeur des Alpes millénaires, un site géologique unique au monde. Pendant plus de 15 ans, elle chemine à travers les roches et s’enrichit en éléments minéraux essentiels. Pour préserver la qualité exceptionnelle de cette eau, les Hommes protègent depuis plus de 20 ans la nature autour de la source. Naturellement pure, à l’équilibre minéral unique et constant, l’eau minérale naturelle evian® répond parfaitement aux besoins d’hydratation de tous dans plus de 140 pays, tout au long de la journée.

Depuis plusieurs années, evian® soutient le sport à travers de grands événements internationaux associant l’importance de l’hydratation, le sport et l’esprit de jeunesse « Live young » comme essentiel à une vie saine et équilibrée. Cette année, la marque s’associe aux Voiles de Saint Tropez pour insuffler un esprit « Live young » et répondre aux besoins d’hydratation de plus de 4 000 marins internationaux embarqués sur les plus beaux yachts classiques et modernes au monde.

 

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