Libres comme l’air

30/09/2019, Saint-Tropez (FRA,83), Les Voiles de Saint-Tropez 2019, jour 1

Le Mistral s’invite aux Voiles
Les Maxis aiment Saint-Tropez
French Kiss, America’s Cup,
Jacques Chirac : un air de nostalgie flotte à St-Tropez

Ester, miraculée de la Baltique Le vent, comme l’esprit, souffle où bon lui semble.

Pour les 4 000 marins de la 20ème édition des Voiles de Saint-Tropez, le message est clair, la régate est pour demain. Un épisode « Mistraleux » bien connu des Tropéziens, bref mais violent, s’est installé jusqu’au soir, avec des vents de plus de 30 noeuds levant une jolie mer à la fois courte et hachée.  « Le Bulletin Météo Spécial de Météo France court jusqu’à 17 heures » explicite Georges Kohrel, Principal Race Officer des Voiles. « Le coup de vent couvre très exactement la zone d’évolution de nos bateaux, entre les îles du Levant et Pampelonne. La mer se forme au large et les conditions ne sont pas réunies pour lancer en toute sécurité et en toute équité nos régates. » Les Modernes ont ainsi fourbi leurs armes en compagnie des yachts Classiques, offrant aux nombreux badauds, et dans un  joyeux esprit festif,  la plus formidable vitrine de 150 ans de nautisme.
Demain mardi, tout le monde sur l’eau, Modernes, Wally et Classiques !
Les Maxis aiment Saint-Tropez
Pour la première fois, les Maxis Yachts, voiliers monocoques d’une taille de 60 à plus de 100 pieds, naviguent à Saint-Tropez, sous l’égide d’un comité de course dédié, avec des parcours taillés sur leur démesure. Ils apparaissent au classements en IRC A, mais intègrent leurs résultats aux Voiles à leur championnat Inshore qui comprend 6 rendez-vous, et qui se conclue ici même à Saint-Tropez.

Benoit de Froidmont, Président de l’IMA « Je navigue depuis l’enfance, et depuis une dizaine d’années sur les Maxi. On régate pour le plaisir et on se prend à la compétition, et c’est ainsi que j’ai rapidement intégré les gros équipages de Maxi. L’IMA a déjà 40 ans, créée par Edmond de Rothschild notamment. Il y’a plus de 60 membres aujourd’hui et nous couvrons tout le circuit de Méditerranée, et une bonne partie des Caraïbes. On m’a proposé l’an passé la présidence, pour un  mandat de 3 ans. Nous avons 10 nouveaux membres cette année. Notre rôle et notamment une aide à l’organisation des régates, sur un certain nombre de points, organisation des comités, logistique, coordination des règlement pour que les membres de l’IMA mais aussi les non membres, naviguent selon des règles équitables. Nous sommes une garantie de l’harmonisation des règles de courses pour nos Maxi. Nous nous voulons un  label de qualité. L’IMA apporte une forme de renouveau au milieu des yachts Maxi. C’est la première fois que nous entrons en collaboration réelle avec les Voiles, grâce à Tony Oller, Frédérique Fantino et Georges Kohler, qui ont vu la valeur ajoutée que nous apportons. Nous naviguons cette semaine avec notre comité de course distinct, pour des questions de sécurité, et pour avoir des parcours plus appropriés aux Maxi. Les Voiles entrent dans notre championnat, et constituent la dernière manche. Nous remettrons dimanche le trophée de notre championnat Inshore qui compte 6 courses. Les Voiles sont magiques, il n’y a pas d’égale en Méditerranée, en terme de convivialité. On va voir de plus en plus de Maxi à Saint-Tropez… »
Jacques Chirac et le sport… Marc Pajot ayant retrouvé, « abandonné » dans un chantier italien, son 12 m JI French Kiss, le mythique voilier demi-finaliste de la Coupe de l’America à Freemantle en 1987, il lui est venu l’idée de le réarmer et de naviguer aux Voiles avec une bonne partie de l’équipage de son historique saga Australienne, Albert Jacobsoon, Stan Dripaut, Marc Bouet, Denis Vanier notamment. « Nous retournons tous sur French Kiss avec plaisir » raconte Marc Pajot, « Il est « dans son jus », avec ses 24 tonnes et sa quille à ailette… on se retrouve tous avec bonheur, en compagnie de notre partenaire de l’époque, Monsieur Serge Crasnianski. » Actualité oblige, les souvenirs remontent vite et les fans de la Coupe de l’America se souviennent du rôle essentiel joué en 1992 par Jacques Chirac, alors Maire de Paris, et qui s’était fortement engagé en soutien d’une nouvelle campagne Française de l’America’s Cup à San Diego. Marc se souvient : « Le départ de Jacques Chirac ravive de beaux souvenirs. Nous sommes en 1992, et la situation politique en France est singulière. Nous sortions d’une belle perf à Perth et le temps passant, Jacques Chirac s’est engagé au nom de la Ville de Paris, à condition que l’on trouve l’autre moitié du budget, ce que nous avons fait avec le Groupe Legris. J’ai alors découvert l’homme Chirac! Il s’est montré droit, fidèle à sa parole, très engagé à nos côtés, malgré les embûches politiques nombreuses à l’époque. Il était sincère, motivé par le projet qui en définitive, avait été voté à l’unanimité par le conseil de Paris. Jacques Chirac était très enthousiaste pour le sport, pour tous les sports. La mer n’était pas son univers mais il a spontanément aimé les marins, sportifs de haut niveau dans le contexte de la Coupe, et il s’est tout de suite fondu dans notre équipe. Il s’est montré clairvoyant, profondément humain. Le montage et le fonctionnement d’un groupe d’hommes investis d’une mission le fascinaient. C’est l’Humain qui le passionnait, faire travailler les hommes ensemble. »
Le saviez vous? Une goélette se traduit en anglais par le mot « schooner », décliné en schoener en Néerlandais. L’origine du mot fait l’objet de nombre de spéculations, souvent savoureuses ; ainsi, ce serait des marins hollandais au 16ème siècle qui, en utilisant le mot « een Schoone Schip » (« Schoone » signifiant beau en hollandais) aurait débouché sur l’orthographe anglaise de Schooner. Selon le spécialiste de la langue Walter William Skeat, « schooner » provient de Scoon, terme écossais signifiant l’acte de faire des ricochets sur l’eau, tandis que l’orthographe « sch » provient de l’orthographe néerlandaise. La première définition détaillée d’une goélette, décrivant un navire à deux mâts à voiles auriques à l’arrière est apparue en 1769 dans le Dictionnaire universel de la marine de William Falconer. Le terme francophone n’apparait que tardivement en France, vers 1740 sous le terme « goëlette ». Ce terme vient probablement de « goéland », par analogie avec l’aspect effilé de ces navires. Plus amusant, le terme « schooner » désigne encore aujourd’hui, en Australie… un grand verre de bière !
Yachts extraordinaires ; Ester, 76 années par 52 mètres de fond ! Entrée en lice demain à saint –Tropez d’Ester, le cotre aurique miraculé de la baltique ! Ester, c’est l’histoire d’une exceptionnelle résurrection d’un sloop aurique en son temps révolutionnaire à bien des égards. C’est en 1901 que le Suédois Gunnar Hellgren reçoit mission de dessiner un voilier capable de gagner la Tivoli Cup. Le résultat de ses cogitations est à la fois unique par ses nombreuses innovations, et magnifique d’élégance. Une décennie de succès fracassants va venir couronner un bateau loué par certain comme le plus beau voilier au monde! Ester disparait des radars après 1915, pour ne réapparaitre qu’en 1935. Elle brille encore à Ulvoen en 1937, avant de connaitre la plus dramatique des destins. Un feu se déclare à bord fin 1937. Le voilier endommagé est remorqué vers Ornskoldsvik, mais coule devant Normanön. Ce n’est qu’en 2012 que le Suédois Per Hellgren réussit à localiser l’épave au sonar. En 2016, la coque est sortie de l’eau. Débute une incroyable histoire de rénovation, dont l’éclatant résultat peut-être admiré toute la semaine à Saint Tropez dans les mains expertes de son capitaine, une des rares femmes du milieu, Laurence Rames de Moer. « Je m’étais dit en 2012 quelle émotion ce serait de faire naviguer Ester aux Voiles de Saint-Tropez. 7 ans après, ce rêve est devenu réalité. » explique Bo Ericsson, l’un des propriétaires du bateau. « Nous avons réuni autour de cette rénovation la crème des techniciens internationaux, pour la coque, les membrures, le gréement, les voiles. Bien sûr, une grande partie du bateau a dû être reconstruit en pin de Suède et en épicéa. Mais grâce à une documentation très précise retrouvée en Suède, nous avons suivi à la lettre les détails de la construction originale. Cela a été une aventure fantastique. le résultat dépasse nos espérances les plus folles… »
Mistral Le mistral naît de la différence de pression entre une dorsale anticyclonique sur le proche Atlantique ou l’Europe du Nord et un minimum dépressionnaire sur la Méditerranée (golfe de Gênes). Une définition informelle du mistral concernant toutes ces régions se définit par trois caractères : sa direction Nord-Ouest, sa vitesse d’au moins 5 m/s, et sa persistance d’au moins six heures consécutives, pour le distinguer d’une brise locale ou d’un grain. Le mistral est défini de manière plus rigoureuse par Météo France comme un vent produisant des rafales de plus de 32 nœuds et de secteur plutôt nord. Le record de vitesse du mistral est de… 320 km/h au Mont Ventoux le 19 novembre 1967.
Les partenaires du jour :  BMW – 20 ans de Voiles, et 13 éditions de présence de BMW au côté, au coeur de l’événement Tropézien. La marque automobile Bavaroise déploie les grands moyens sur le port et dans le village, pour présenter au grand public et aux régatiers ses nouveautés et innovations, en matière automobile bien sûr mais aussi électro mobilité. BMW partage  nombre de valeurs avec la voile dans la plus large acceptation du terme, technologie, performance, art de vivre. L’ADN de la marque est le sport, composante incontournable des Voiles. La maison mère s’implique fortement dans l’évenément, avec de nombreuses activations à terre. Présence dans le village avec un lounge qui favorise d’agréable manière le contact avec les régatiers. La marque à l’hélice a aussi investi la capitainerie de Saint-Tropez, avec une exposition dédiée à l’électro mobilité. La nouvelle BMW X5 avec son moteur hybride est en exposition, mais aussi le scooter électrique et la I8 coupé, dans une livrée unique, une peinture exceptionnelle. BMW présente aussi ses vélos et ses trottinettes électriques. La place de l’Annonciade accueille la nouvelle M8 cabriolet, une nouveauté de la marque. La Société Nautique et son club servent de cadre exceptionnel au concept car BMW, vision futuriste de la marque, et seulement exposé une fois en France en juin dernier à Chantilly. Au total, BMW propose pas moins de 14 véhicules à l’essai du grand public, de la gamme M, ainsi que de la gamme électrique. 18 voitures font par ailleurs la rotation entre les gares et aéroports de la région pour acheminer invités et partenaires.
WALLY – Les Wally à Saint Tropez Ils sont l’expression moderne de l’esprit inventif et sportif du yachting qui a présidé voici près de 150 ans à la construction par des amoureux des belles voiles et de belles coques des voiliers les plus élégants et les plus avancés dans la technologie de leur époque. Les Wally, nés de l’imagination et de la volonté d’un yachtsman averti, l’italien Luca Bassani, répondent exactement aux critères qui guidaient au siècle dernier les crayons des grands architectes navales, William Fife, Nat Herrreshoff et consorts. Performance, rapidité, élégance, habitabilité, luxe… avec une nuance pourtant, et de taille ; la volonté de Luca Bassani en imaginant ses Wally en 1991, était de pouvoir en famille, avec lui seul à la barre, piloter et manoeuvrer son grand yacht. Ainsi sont nés les Wally, des talents des meilleurs architectes du moment, les Germain Frers , Javier Soto, Bill Tripp ou Bruce Farr. Plus de 40  maxi Yachts sont ainsi nés de cette philosophie du yachting, affichant des longueurs de 20… à 50 mètres. Une Classe spécifique, la Wally Class a même vu le jour en 1998, permettant à ces voiliers d’exception de régater ensemble, avec leur propre rating et leur propre classement. C’est le cas aux Voiles de Saint Tropez – seule épreuves françaises pour la classe – où les Wally régatent sur leur propre parcours au large de Pampelonne. Wally est devenu au fil des années un partenaire fidèle des Voiles de Saint Tropez, apportant, aux côtés des grands (et petits) yachts de légende, l’esprit de continuité d’un milieu en constante remise en question technologique.

 

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *