All you need is Voiles

06/10/2017, Saint-Tropez (FRA,83), Les Voiles de Saint-Tropez 2017, jour 6

Entre Mistral et bulle anticyclonique, les concurrents des Voiles ont bénéficié aujourd’hui d’un de ces petits miracles météos semble-t’il propres à l’événement tropézien, quand derrière le fort coup de vent du matin, et avant l’établissement de la franche pétole, un petit flux d’air permettait aux trois comités de course, Wally à Pampelonne, Modernes au large, et Tradition dans le golfe d’envoyer les régates du jour, et de valider une nouvelle course pour chacun des groupes concernés. La compétition a ainsi repris tous ses droits, et barreurs et navigateurs ont dû une nouvelle fois exceller tant en stratégie qu’en tactique, pour s’accommoder au mieux d’un vent capricieux à souhait. Après le vent tonique du début de la semaine, c’est dans un tout autre registre, celui de la finesse et du toucher de barre que les coureurs étaient appelés à performer.

Des Finales en vue… Coups de canon, cornemuse ou chants marins… le retour à terre des marins des Voiles de Saint-Tropez est chaque jour scandé par ces manifestations d’une humeur rehaussée par la joie d’avoir une nouvelle fois partager en mer un grand moment de voile et de régate. Habilement insérées par les Comités de course en bordure du Mistral, les courses du jour confirment sur tous les ronds les contours des palmarès qui seront samedi soir proclamés. Ainsi la rivalité chez les 12 m JI se résume t’elle bien à Saint-Tropez au duel entre Sovereign et France. Le 12 mJI cher au Baron Bich triomphe aujourd’hui et demeure en embuscade demain pour la victoire finale dans ce groupe éminemment sportif des Voiles et pour l’heure dominé par Sovereign. Compétition de haut vol toujours, du côté de Pampelonne cette fois ou les 14 somptueux Wally choisissaient aujourd’hui d’en découdre tout au long d’un petit parcours au plus près des côtes. Open Season, le Wally 107 s’impose d’un souffle en temps réel, mais rétrograde à la troisième place en temps compensé, au profit de Lyra, un Wally 77 et surtout, de Magic Carpet3 qui réalise la belle opération du jour en revenant à hauteur d’Open Season au classement général provisoire. Là encore, c’est la dernière journée de demain qui sera décisive pour l’attribution de la victoire finale et du trophée BMW. Lyra se hisse quant à elle sur la troisième marche du podium. Point de suspens en revanche chez les 15 mJI en lutte pour le Trophée Rolex. Mariska a su contrôler The Lady Anne, redoutable dès que le vent descend sous les 10 noeuds comme ce fut le cas aujourd’hui. Le Fife de 1908 remporte la manche du jour et assoie définitivement sa suprématie sur l’édition 2017 des Voiles.

Une Classe « Invités »  Faire cohabiter en un même événement près de 130 ans de yachting nécessite de la part des organisateurs des Voiles imagination et rigueur. La rigueur s’exprime dans la classification par groupes des voiliers les plus semblables possibles, afin de garantir sur l’eau une certaine équité sportive. On imagine facilement la difficulté de l’exercice quand les architectes navales de tous les pays ont, depuis un siècle et demi, rivalisé de créativité pour concevoir les yachts les plus rapides de leur temps. Entre Epoque, marconis, Auriques, esprit de tradition, certains voiliers pourtant emblématiques n’entraient hélas plus dans la règle exprimée dans l’avis de course des Voiles, qui autorise seulement la participation des voiliers classiques de plus de 11 mètres. C’est afin de s’honorer de la présence de chef d’oeuvres aussi sublimes que Dainty (Wesmacott 1922) et ses 8,12 mètres de grâce et d’élégance, Alcyon, le beau houari de 9, 38 m ou Djinn, le cotre aurique de 8,90 m qu’un classement spécial nommé « Invité », et qui réunit cette année 9 splendides unités, a été institué aux Voiles.

Le fusible des cotres auriques Sur les cotres et goélette auriques, au-dessus du bas-mât, ou mât principal, vient le mât de flèche, qui porte la flèche, c’est à dire, la voile surmontant une grand-voile aurique. Cet espar de bois, relativement léger, sert aussi de fusible en cas de pression excessive pouvant provoquer un démâtage. Un incident hélas survenu à plusieurs reprises cette semaine aux Voiles, et dont l’ampleur et les conséquences, tant techniques qu’humaines, se sont trouvées grandement minimisées par le bris de ce « top mast », certes pénalisant en régate, mais qui a joué à plein son rôle de fusible en prévenant la chute du mât. Retenu en tête du bas mât par ses cordages, l’espar brisé n’a, dans les cas survenus à Saint-Tropez, provoqué aucun dommage collatéral.

Les Voiles transgénérationnelles. Bill Jayson, fils de Dick Jayson, le « père fondateur » de la Nioulargue, est à Saint-Tropez. Il y revient avec un indicible plaisir tous les deux ans. Entretien : « Mon père avait envoyé Pride, un Swan 44, pour participer à la première Swan World Cup organisée à Porto Cervo. Une équipe Américaine participait à la Sardinia Cup, et mon père obtint que Pride soit retenu pour servir de support à cette équipe. Les responsables de Swan s’occupèrent d’envoyer le bateau, mais le voyage retour n’était pas pris en compte. Il a concouru, et a décidé de garder le bateau en Méditerranée. Il a sillonné la Méditerranée en 1980, et laissé le bateau à Saint Tropez. Il est revenu en 1981, et s’est lié avec de nombreux tropéziens, Jean Laurain notamment. Ils régataient ensemble, jusqu’à la fameuse histoire du Club 55. Je n’étais pas présent en 1981. Une fois la Nioulargue lancée, je suis venu très souvent pour participer jusqu’à la tragique édition d 1995. On allait gagner cette régate quand tout fut annulé. Il a continué de revenir chaque année, s’étant lié avec Patrice de Colmont. La régate s’est développé à son grand plaisir. Il échangeait beaucoup avec Patrice, sur les grandes régates, sur leurs contacts réciproques dans le milieu des propriétaires. Patrice venait chez mon père en Floride. Les Voiles ont pris un essor formidable, sans jamais se départir de l’esprit d’amitié qui importait par dessus tout à Patrice et à mon père. Ce qui était génial avec mon père, est sa capacité à faire des amis. Où qu’il aille, il se faisait des amis, sans se forcer. les gens gravitaient autour de lui naturellement. Il était très drôle, mais très sérieux sur l’eau. Un hommes de famille. Après l’université de Harvard, il était allé dans les Marines. Peut-être le nom de Pride (fierté), avec quelque chose à voir avec son passage chez les Marines…

En bref Le visage des Voiles Accueillir 10 jours durant pas moins de 4 000 marins et procéder aux inscriptions de 300 bateaux est une gageure que la Société Nautique de Saint-Tropez relève chaque année avec brio pour assurer le succès des Voiles. Les équipes d’André Beaufils, confiées en la circonstance à Frédérique Fantino, oeuvrent très en amont à l’enregistrement des innombrables demandes de participation venues du monde entier. « A Saint-Tropez, chaque demande est un cas » explique-t’elle, « qui demande une attention particulière et soutenue afin de satisfaire au mieux les demandes des propriétaires. » Ces sollicitations sont bien évidemment, examinées minutieusement et selon leurs spécificité, type de voilier, Moderne ou Classique, exigences des skippers-propriétaires… avant envoi de confirmation. La place au port fait aussi l’objet d’intenses échanges, chacun souhaitant bien évidemment figurer au coeur du petit port Varois. Les Voiles de Saint-Tropez, contrairement aux autres régates, autorisent les modifications quotidiennes des équipages, nombre de voiliers étant « chartérisés » par leurs propriétaires désireux de faire partager à leurs clients ou amis la magie de l’instant. La Société Nautique de Saint-Tropez met donc en place au sein du village pas moins d’une dizaine de personnes en charge chaque jour d’enregistrer les nouvelles inscriptions d’équipiers à bord de tel ou tel bateau. Un travail de fourmi, et à temps plein pour ces Dames de l’accueil.

Le Yacht Club de France se livre Fêtant cette année ses 150 ans, le Yacht Club de France – dont la Société Nautique de Saint-Tropez est un des clubs alliés – assure la plus grande des missions : promouvoir la navigation sous toutes ses formes. Fondé en 1867 par Napoléon III, il a participé avec passion à l’évolution d’un secteur dans lequel la France, deuxième puissance maritime mondiale, est passée maître, tant pour la construction de bateaux de plaisance que pour la pratique de la voile au plus haut niveau. Le livre du jubilé : Une histoire du yachting français, sous la direction de Jacques Taglang : Frédéric Delaive, Louis Pillon, Dominique Gabirault, Antoine Sézérat, François Chevalier et Eric Vibart. Photographe : Laurent Charpentier. Format carré, 30 x 30 cm, généreusement illustré, 312 pages, couverture toile et jaquette. Bilingue : français-anglais. http://ycf-club.fr/

Carron II, un 8 mètres signé Fife En position de s’imposer cette semaine aux Voiles, dans le très compétitif groupe des Marconi B où il régate bord à bord avec des « stars » comme Cholita, Mignon ou Nada, Carron II est un 8 m JI qui porte la signature du Maitre William Fife. Longtemps expatrié aux Etats-Unis, depuis son lancement en 1935, N° de chantier Fairlie 813, Carron II est revenu en Angleterre en 1998, pour subir une profonde rénovation incluant son pont et sa quille. Il participe depuis avec bonheur aux régates métriques en Méditerranée.

Du côté des partenaires BMW – partenaire des Voiles de Saint-Tropez Depuis 2013 le constructeur automobile allemand BMW et la Société Nautique de Saint-Tropez ont un accord portant sur les Voiles de Saint-Tropez. Thorsten Mattig, responsable du sponsoring international chez BMW, se réjouit de ce partenariat : « Les Voiles de Saint-Tropez sont par excellence l’endroit où le Moderne et le Classique se rejoignent, et où l’esthétisme hors du temps rencontre le design et la haute technologie. Le désir de gagner et l’esprit d’équipe y jouent aussi un rôle fondamental, tout comme la passion du yachting et la camaraderie fraternelle. Ce sont ces valeurs que BMW est heureux de soutenir, car elles sont d’une importance capitale pour notre marque. » En plus de la présentation de ses plus récents modèles, BMW a choisi de célébrer une classe de voiliers particulièrement engagée dans la haute technologie, les Wally. Le BMW Trophy récompensera le meilleur Wally au terme des régates.

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